Le dernier jour du disco…(*)

Un jour un membre d’Abba va mourir et avec sa disparition, nous serons des milliers, des millions à voir s’écrouler une partie de nous, des souvenirs ancrés, des rires, de la joie à l’état pur. Comprendre en une seconde combien le temps a passé.

Aujourd’hui, lorsque résonnent les premières notes d’une vieille chanson d’Abba, de Queen ou de Jean-Jacques Goldman, ce n’est pas seulement une mélodie que nous entendons. C’est une porte qui s’ouvre sur un monde disparu. Un monde où nos rêves étaient encore intacts, où nos genoux ne craquaient pas en se levant et où l’avenir ressemblait à une promesse.

Parce qu’au fond, ce ne sont jamais seulement les artistes qui disparaissent. Ce sont les morceaux de vie qu’ils emportent avec eux. Les trajets en voiture les vitres ouvertes, les vacances d’été qui semblaient durer une éternité, les premiers amours maladroits, les copains qu’on croyait éternels et les parents qui étaient encore jeunes.

Il y avait des mercredis après-midi remplies de dessins animés, des étés qui sentaient la crème solaire et le goudron chaud, des soirées où l’on refaisait le monde assis sur un trottoir sans jamais regarder l’heure. Nous étions riches de choses simples sans le savoir.

La nostalgie n’est pas la tristesse du passé. C’est l’amour que l’on porte aux jours heureux lorsqu’ils sont devenus des souvenirs. Et peut-être que vieillir consiste simplement à apprendre cela : comprendre que le bonheur ne disparaît jamais vraiment. Il change seulement d’adresse et finit par habiter notre mémoire.

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