La chaise vide (*)

J’ai revu il y a peu la trilogie de Pagnol et ces mots merveilleux après la mort de Panisse : « C’est au premier regard porté, en famille, autour de la table, sur les sièges les plus écartés, que se fait l’adieu véritable. » Ca m’a inspiré ce texte…

C’est au premier regard porté, en famille, autour de la table,
sur les sièges les plus écartés, que se fait l’adieu véritable

quand le silence prend toute la place, s’étend, lourd de sens,
et que l’on sait, sans se le dire, que commence l’absence.

L’ami s’est levé. Et déjà il part.
laissant derrière lui l’ombre de sa mort.
il part sans bruit, sans crier gare,
et nos paroles butent à l’aune des remords.

Ce qui manque surtout, ce n’est pas de mourir,
C’est de ne plus pouvoir lui parler, de le voir aussi,
De garder pour soi ce qui aurait dû lui parvenir,
Les bons moments, les confidences, c’est ainsi.,

Sa voix vit dans nos mémoires, fragile. Nous rassure,
On se retourne, un peu trop tard, croyant l’entendre,
Elle surgit dans un éclat, dans un mot, un murmure,
Puis très vite, le réel reprend sa place sans attendre.

Alors on essaie, chaque jour de faire sans lui,
On apprend lentement à vivre, mais autrement,
à porter son absence, sans pleurs et sans cris ;
On élargit le cercle, doucement, nonchalamment.

Quand arrive une grande nouvelle, vite on l’appelle
Pour la partager avec lui, pour rire et apprécier,
Bien sûr il n’est plus là. On lève les yeux au ciel,
Espérant que tout là-haut, il ait pu en profiter.

Vivre devient un verbe lent, un pas sans destination,
Le monde garde son élan, mais pas son inspiration.
Les jours pâlis s’en vont, sans sel, sans joie véritable,
Depuis son dernier regard… autour de la table.

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